Astrid d’Estampapier nous raconte son histoire

(extrait d’un article paru chez Talented Girl)
3 novembre 2014

Astrid, la créatrice d’Estampapier,me fait rêver avec ses jolies grues en papier. Cette maman de 4 enfants, n’a pas hésité, dès son plus jeune âge, à écouter son talent et sa passion pour l’art. Après des expériences dans la publicité qui ne lui plaisaient pas trop, elle a entamé une quête d’elle-même et a fini par tomber amoureuse du Japon et de sa culture. Guidée par sa passion pour les beaux papiers japonais, elle a appris toute seule l’art de l’origami et en a fait son métier. J’ai adoré me plonger dans l’univers enchanteur d’Astrid. Sa patience et son amour pour son métier mais aussi pour les siens se ressent à travers ses mots. Elle nous apprend que l’on peut faire ce que l’on aime tout en passant du temps avec sa famille (même nombreuse !). Merci beaucoup pour ce partage Astrid !

 

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Bonjour Astrid, parle-nous de toi: quel est ton cursus, ton parcours?

Après avoir quitté le cursus scolaire juste avant le bac, je me suis dirigée vers une école d’Art Graphique et de Publicité à Tours et à Nantes. Je n’étais absolument pas scolaire et j’ai pris la décision (soutenue par mes parents) de prendre la direction d’études spécialisées d’art plus tôt. J’ai un don artistique reçu de ma mère qui elle-même avait fait des études de styliste. Je n’ai jamais autant travaillé que pendant ces quatre années.

En sortant de mon école j’ai fait quelques stages dans le milieu publicitaire, mais je ne trouvais pas ce que je cherchais. C’est là que j’ai décidé de tout quitter et je suis partie vivre à l’étranger pendant quatre ans, à Londres et à Rome.

En revenant en France j’ai repris mon carton à dessin, mes crayons et pinceaux et suis partie à la conquête du monde de l’illustration.

 

Quand et pourquoi as-tu décidé de te lancer dans l’entreprenariat?

A mon mariage j’ai quitté Paris et pour pouvoir m’occuper de mes enfants, j’ai repris mes pinceaux et touché à la peinture sur tissu. Un jour l’un des enfants, qui avait 18 mois, a renversé un pot de peinture blanche sur une nappe commandée pour un cadeau de mariage. J’ai compris qu’il fallait faire un choix et que je ne pouvais plus mener les deux de front. J’ai donc rangé ma peinture.

Quelques années plus tard, j’ai fait la connaissance de Ryoko, fraîchement arrivée du Japon. Puis j’ai découvert la communauté japonaise de ma ville. C’est dans cette communauté qu’est né une amitié très forte, notamment grâce à Julia. Estampapier est né de ces rencontres.

En fréquentant ces amies japonaises, j’ai compris combien leur culture m’attirait, avec sa délicatesse, sa finesse et le sens de la beauté poussé à l’extrême. j’ai découvert l’origami grâce à Ryoko qui m’a initiée.

C’est d’abord pour le plaisir des enfants, puis pour le mien, que je me suis lancée, avec la satisfaction de partager ce qui allait devenir ma passion. J’ai commencé à offrir mes premières guirlandes autour de moi et c’est ainsi que je me suis lancée.

 

Comment furent tes débuts avec Estampapier?

J’ai commencé en autodidacte, car les japonais n’utilisent pas les origamis comme objet de décoration. J’ai donc appris seule. J’ai commencé très simplement par des guirlandes et parce que je suis curieuse et que je souhaite me démarquer, les idées sont venues au fur et à mesure. Je passe du temps à fouiner pour trouver l’idée qui me plaira.

Mon mari est toujours de bon conseil, il a un oeil d’artiste et je sais que je peux toujours compter sur son avis…et celui des enfants qui le donnent sans me le demander.

 

Qu’est ce que tu préfères dans ton métier?

Il y a tellement de choses que j’aime dans mon métier, ce serait difficile de faire un choix. En premier lieu la création bien sûr, exploiter de nouvelles idées. Travailler le papier washi qui est magnifique à tous points de vues et surtout le plaisir de plier, transformer et donner vie à ce papier.

Grâce à des ateliers d’initiation que j’anime, c’est aussi l’occasion de partager ce bonheur en faisant découvrir la beauté du papier et des origamis. C’est aussi cela qui donne tout son sens à Estampapier.

 

Comment parviens-tu à gérer ton temps entre famille/vie privée et vie professionnelle? Des astuces à partager avec nos lectrices?

Mes enfants sont encore bien jeunes et ils sont ma priorité. Ils ont la chance d’avoir une maman qui travaille à la maison et c’est à moi de trouver l’équilibre, parfois fragile entre ma vie de famille et ma passion. C’est une chance et aussi une tentation de ne pas en sortir quand il le faudrait..

Les quatre enfants s’installent souvent sur un coin de la table de l’atelier pour colorier, dessiner et me subtiliser du papier pour « faire comme maman ». Ce sont des moments précieux qui me ralentissent dans mon travail, mais qu’importe, il n’y a rien de plus précieux que ces moments avec eux où je vois germer en eux ce bonheur de créer et d’être tout simplement ensemble.

Quand on travaille chez soi, on ne compte plus les heures. Je ne le vis pas comme une contrainte, mais comme un véritable plaisir, car je décide de mon emploi du temps. Le temps d’être avec les enfants et de ceux qui me sont proches. C’est une liberté très très précieuse d’être chef d'(micro) entreprise!

 

Comment est une journée typique pour toi?

Je me lève à 7H et réveille les enfants en même temps. C’est le compte à rebours jusqu’à 8H30. La matinée est consacrée à l’intendance, la préparation du déjeuner et s’il me reste du temps je m’occupe de l’administratif et informatique, publier un article (une à deux fois par semaine).

L’heure du déjeuner est consacrée aux enfants, j’ai deux services, entre le primaire, le collège et le lycée. Pour éviter d’avoir trois services je fais des échanges avec d’autres familles. Autour de la table il y a toujours entre cinq et six enfants.

C’est à 13H30 que je peux enfin me mettre au travail pour quelques heures qui me sont précieuses puisque peu nombreuses.

Je travaille essentiellement pendant le temps scolaire et surtout le soir. Mes journées sont rythmées par les trajets d’école en voiture, 8 trajets quotidiens, les enfants déjeunent tous les jours à la maison.

Mon mari rentre tard (il fait des efforts depuis que j’ai écris cet article…) et je profite de ce moment avant qu’il ne rentre pour rejoindre l’atelier.

Nous dînons toujours en tête à tête, c’est un moment précieux que les enfants jalousent et que je ne partagerai pour rien au monde. Je travaille jusque tard le soir et me couche rarement avant minuit, une heure du matin. Les journées sont trop courtes bien sûr.

 

Quels conseils pourrais-tu donner à quelqu’un qui veut se lancer?

Avoir de l’audace, avoir confiance en soi, s’écouter. Oser sortir des sentiers battus et savoir s’entourer.